À go, on l’fait

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On se lève chaque matin avec un plan de match, avec un agenda rempli et une liste longue comme le bras d’exigences et de besoins à combler. On tombe donc assez rapidement dans une routine en quête de productivité et on met de côté le fun déraisonnable et les extravagances qui sortent du cadre de référence. Cet article se voit d’ailleurs être promoteur de ces niaiseries du quotidien qui ne viennent que peu souvent briser la rigidité de notre calendrier.

J’suis pourtant zéro bien placé pour donner des conseils à quiconque en la matière, étant le premier à remplir à sa pleine capacité mon emploi du temps entre un horaire universitaire chargé et une job steady. Le genre de situation qui doit être partagée par la plupart des adultes de mon âge, pour qui le temps alloué à s’énerver est de plus en plus limité.

Je me souviens de mon retour au Québec avec toutes les bonnes intentions du monde, étant convaincu que je réussirais à cultiver ici le même état d’esprit qui m’habitait lorsque je me trouvais en mode exploration à l’étranger. Ça n’a pourtant pas été long que les occupations ont remplacé mes illusions et que je me suis retrouvé du jour au lendemain dans les rouages essoufflants du train-train quotidien. L’inévitable et confortable routine m’a bel et bien rattrapé aussi vite que mon « besoin » de m’y adonner.

Je suis donc d’avis que j’devrais aujourd’hui me remettre à cette quête de l’idéal et me convaincre de l’unicité de mon existence en me prenant moins au sérieux et en me lâchant lousse sur les subtilités du régulier. À go, on l’fait.

Demain matin, je me réveille et je mets deux bas qui fittent pas. Je passe me prendre un café et je demande un extra crème fouettée,  parce que maintenant, tous les jours sont jour de fête. Je vais à mon cours du matin et je profite de mon heure de dîner pour conduire vers un spot que j’aime et que j’ai négligé dernièrement par « manque de temps ». En soirée, j’m’en fou tellement que j’décide de me payer un luxe qui dépasse mon budget, de la paire de souliers au bon souper. En plus, juste parce que c’est mon jour de gloire et que j’ai peur de rien, j’ose demander à cette jolie dame de m’accompagner pour aller manger. On finit même ça à l’uni en génie, à boire de la Fin du Monde comme on boit d’la Coors, sans trop de lendemain. J’vous l’dis, c’était tout qu’un jeudi.

La question est pourquoi pas ça plus souvent. Des journées que l’on fait sortir de l’ordinaire par de légères extravagances qui font toute la différence. Soyons fous, soyons bizarres, vivons dangereusement. N’attendons pas d’être vieux et plissés pour s’énerver et foutons nous en plus de la sonnerie du cellulaire et du sérieux de nos horaires.

À go, on l’fait?

Crédit couverture: The Lumineers – Sleep On The Floor 

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