Éternelle indécise

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Depuis plusieurs années, je m’observe et m’analyse étant devenue une jeune femme  accomplie (Not. Je pleure encore quand j’entends des bruits dans mon appartement, seule, la nuit. Peut-être serait-ce mon délectable voisin qui est de retour ?). À mon grand désarroi, je réalise, petit à petit, que je n’arrive JAMAIS à faire un choix, que même les décisions les plus anodines me déchirent. Jtannée.

Je m’explique. Quand je suis au restaurant, je prends 3500 heures à choisir entre les filets de poulets ou le wrap. Et inévitablement, je me retrouve à prendre un plus petit format des deux. Regretter. Trouver que le goût est différent. Payer trop cher. Le bonheur quoi. Lorsque je me cherche un appartement (oui, sacrilège, j’ai changé trois fois en deux ans), il ne m’est pas difficile de m’imaginer le perchoir de Fumseck dans Harry Potter au beau milieu d’une cage d’escalier un peu sombre d’Ahuntsic, mais oublie-moi quand je dois sélectionner entre La République du Plateau et Pont-Viau pour m’y installer. Je trouve tout aussi charmants les gens qui disent «MON épicerie, MON coiffeur et MON gym» que ceux qui voient un bar d’effeuilleuses, peu importe qu’il regarde en direction est, ouest, nord ou sud de leur balcon. Je suis comme ça. Le choix des vêtements est encore pire. Est-ce que je prends ce cardigan plus grand pour avoir l’impression d’être slim malgré mes copieux repas passé minuit ? Est-ce que je le prends en noir afin d’avoir ENCORE de la difficulté à le différencier des autres, sans lunette, au fond de mon tiroir ? Je finis par le prendre en noir et en bourgogne. Regretter. Payer trop cher. Le bonheur quoi. Je reste aussi indécise quant au feeling que j’aime ressentir en milieu de travail. Effectivement, il n’est pas épargné. J’envie les gens qui ne voient pas leur journée passer et qui doivent être productifs SANS FUCKING CESSE et d’un autre côté, je trippe sur la tendance du lâcher-prise et du body flow sur l’heure du midi. Aidez-moi. Finalement, le fameux choix de conserver une relation unique ou pas. Choisir le bon gars ou la bonne fille. Écouter I Just Died In Your Arms version Cutting Crew ou version Colossus of Rhodes durant nos ébats. Sur le sofa ? Sur le plancher froid ? Ben non, cette dernière confidence est fausse, ma vie n’est pas si fancy et mon plancher toujours sale.

Peut-être que cette éternelle indécision me comble d’une certaine façon et que je me plais dans la découverte, la nouveauté, l’imprévu. Je terminerai par une citation de mon best Ronald Wright qui me console et met un baume sur mon petit cœur : «Lorsque tu as plusieurs choix devant toi […] et que tu n’arrives pas à te décider, prend toujours le chemin qui demande le plus d’audace». J’ose espérer que les proverbes m’aideront à retrouver la paix afin de ne plus débuter mes articles par depuis plusieurs années, je m’observe et m’analyse…

*Crédit photo à la une : Pixabay (mintchipdesigns)

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