Je suis à jeun.

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JE NE BOIS PAS DU MOIS DE JANVIER.

Je suis un de ceux-là. Qui aime les risques. Qui joue un peu trop avec la rondelle dans sa zone, qui prend des chances, un PK Subban. Les détracteurs diront donne le puck et organise l’attaque. D’autres diront que ça crée des chances et que les défenseurs ne sont pas tous obligés d’avoir un style conservateur.

Je suis de ceux qui écoutent une nouvelle série Netflix sans aucune recommandation. Ceux qui commandent un Flat White pour essayer de trouver la différence entre ça et un Latte. Tu comprendras, avec tous ces exemples, que je suis apte au risque.

Nous sommes rendus au 24e jour de désintox, pour ceux qui ont décidé de n’avoir aucun plaisir gustatif lors du premier mois de l’année. Je ne sais plus si c’est une mode ou simplement une mauvaise idée, mais certaines personnes dont le plaisir était trop grand ont décidé de ne pas boire une goutte d’alcool pendant 31 jours.

Après un gros mois de décembre, où on s’entend, tu bois plus qu’à l’habitude, tu manges plus lourd qu’à l’habitude et tu veilles plus tard qu’à l’habitude, le repos qui suit est souvent mérité. Tu avais compris, le mois de décembre est un moment qui est plus difficile sur le système.

Si jamais tu as répondu non à toutes les affirmations ci-haut, je n’ai que deux affirmations possibles. Soit le reste de ton année est juste un enterrement de vie de garçon sans fin ou bien tu ne fêtes pas Noël. Je ne porte aucun jugement sur les deux affirmations, sauf pour la première. Tu me demanderas pour qui je me prends, je répondrai it’s 2017. Je répondrai peut être aussi que de slacker sur l’alcool de temps en temps, ça te permet de te sentir un peu mieux le samedi/dimanche matin (le vendredi matin aussi, si tu as encore 18 ans – sérieux comment on faisait???). Ça te permet aussi de te rappeler entièrement des bons moments vécus avec tes amis la veille et d’apprécier encore plus la seule consommation que tu prendras en 2 semaines, disons.

Prendre de longue pause entre tes consommations d’alcool, c’est un peu comme le premier kiss avec une date. Si ça fait un bon 3-4 semaines que tu fais un travail honnête, que tu la ou le fais rire, que tu es une personne aimable et qu’une belle chimie s’installe, le premier bec est un tison pour le cœur. Tu le sais au fond de toi, ça te réchauffe et ça te fait sentir quelque chose de l’fun. Bon, la leçon ici ce n’est pas de comparer l’alcool avec un échange de bonheur. La leçon c’est que des fois, si tu attends et que tu t’ennuies, tu finis par plus apprécier et moins te gaver.

Je fais une parenthèse ici. Je suis dans un café, j’ai fini mon cappuccino et à ma table, il y a un monsieur qui a un peu des airs du Père-Noël. Chandail à manches longues rouge, cheveux longs, petites lunettes de lecture, barbe courte parce que son shift de noël s’est bien passé et qu’il le feelait. Il lit le journal depuis peut-être 2 jours sans arrêt. Je le sais. Il a le bout des doigts noircis par les lettres sur le papier. Sincèrement, il doit être le gars le plus informé de Montréal, une combinaison de Céline Galipeau, Paul Arcand et Gerald Filion. Il vient de te clencher le Journal de Montréal, The Gazette et a conclu son tour d’info avec Le Devoir, rien de moins. Chapeau, j’ai le goût d’y payer un Coke.

Revenons à notre sujet principal; le mois de janvier à jeun. Un des points les plus difficiles, c’est d’expliquer (lire ici argumenter) à tes amis que ce soir, tu vas boire des Shirley Temple, comme quand tu étais jeune au St-Hubert. Tu finis aussi par penser que c’est plus dur pour tes amis que pour toi. À coup d’argumentaires et de phrases du genre : « …ça sert à rien, tu connais déjà le chemin, entre l’ombre et la lumière ». Phrase sans sens, mais tellement belle quand tu l’utilises à bon escient. Une autre découverte qui nous vient au courant de ce mois, c’est que les discussions, plus les heures avancent et que les pintes de tes camarades descendent, deviennent soit complètement trop émotives ou bien, elles ne font plus aucun sens.

Points positifs, parce que oui, il y en a. Ton foie redevient un organe viable, ton portefeuille devient un porte-monnaie et ton cerveau s’amuse à se souvenir de tous les trucs qui ont pus survenir lors de la soirée. Évidemment, le point le plus fort, c’est que tu es fier de toi. Tu ne dis pas de niaiseries que tu n’aurais pas voulu, tu te trouves d’autres activités que d’aller prendre un verre, mais surtout, tu es capable d’avoir du plaisir, sans avoir bu.

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