Le mensonge : utile ?

Posted on

Contre toute attente, le questionnement qui est au cœur de cet article découle d’une discussion de fin de soirée aux Foufounes Électriques avec un parfait inconnu (Oui, j’y vais encore. Oui, même si j’ai des RÉER. Oui, le plancher est toujours collant, un peu comme mes cuisses en pleine canicule) : Est-ce totalement loufoque de penser que le mensonge peut avoir une utilité ?

Après cette douce soirée (durant laquelle la bière avait été visiblement très bonne en plus d’être abordable), je me suis amusée, pendant une semaine, à mettre de l’avant mes mensonges les plus usuels et à lister les bienfaits de ce comportement. Attention, l’ensemble des mensonges suivants a été énoncé dans les derniers jours, sans remords (ou presque).

Mensonge 1 : «J’ai commencé le gym». Je ne m’entraîne pas, je survis à ma journée (je monte l’escalier, je monte péniblement le 2e escalier, je respire fort en traversant le long couloir, etc.) et parfois, je fais du yoga. C’est assez loin de la réalité, mettons. Au moins si c’était du power yoga. Ce mensonge me fait du bien. Il me calme, il m’apaise et il m’empêche de me sentir coupable, même s’il n’aide pas à améliorer ma santé cardiovasculaire. Il me permet de faire partie de la crew et d’alimenter les conversations du dîner un peu ternes.

Mensonge 2 : «Je vais remettre mon rapport demain». Je n’ai tellement JAMAIS commencé un travail/remise/compte-rendu quand j’énonce cette phrase. Le comble, c’est que j’écris dans mon agenda FINIR le rapport QUE JE N’AI PAS COMMENCÉ. Je me mens à moi-même. Pourtant, ce mensonge permet à mon cerveau de passer en mode action. Il crée une urgence d’agir et je suis en mesure de respecter les dates d’échéance.

Mensonge 3 : «Je suis vraiment occupée». Dans mon cas, une fois sur dix c’est véridique. Je sais que je pourrais simplement dire que je n’ai pas envie de m’adonner à une certaine activité (j’y travaille full fort), mais ce mensonge me permet de prendre du temps pour moi. Je fais N’IMPORTE QUOI (je mange de la sriracha sur mes toasts, je lave mes draps pour la deuxième fois cette semaine parce que je mange de la sriracha sur mes toasts dans mon lit, etc.)

Mensonge 4 : «Il y avait du trafic». Mon petit mensonge préféré. Celui qui me permet de rester de longues minutes de plus dans mon lit le matin ou de me maquiller dans mon automobile, en cachette, avant de commencer ma journée de travail.

Mensonge 5 : «Je t’aime autant». Je crois fermement que ce concept (aimer au même niveau) est impossible. Juste impossible. Je crois au «Je t’aime» tout nu ou, à la limite, au «Je t’aime aussi». Par contre, je continue d’inclure ce mensonge dans mon vocabulaire courant. Il me permet de croire que je suis au même diapason que l’autre, de croire en ce concept plus grand que nature.

Les mensonges, gagnons-nous à les analyser ? Ils ne sont peut-être pas utiles à long terme, mais ils m’ont diverti pas à peu près cette semaine.

*Crédit photo à la une : Pixabay (Tswedensky).

0 Commentaires

Laisse un commentaire

Ton adresse courriel ne sera pas publiée.