Je m’appelle Julien et je suis atteint du FOMO.

Posted on

Bonjour, je m’appelle Julien et je suis atteint du FOMO.

Kosser so?

Fear Of Missing Out. Ce qui veut dire, dans la langue de Molière: La peur de manquer quelque chose.

Ouin, mais encore…

C’est comme une sorte d’anxiété, de stress, une peur de manquer une occasion, un évènement, une opportunité. La frousse d’être absent à un lieu/moment donné, souvent reliée à une interaction sociale. Une phobie de se faire dire raconter une anecdote accompagnée du célèbre  »Fallait être là! »

Crédits: http://socialexperiment.net/do-you-have-fomo/

**Il y a également un lien fort avec les réseaux sociaux et les téléphones intelligents. Mais ça, c’est une autre histoire et peut-être un autre texte prochainement…**

La FOMO touche la façon dont tu classes tes priorités.

Amis, école, travail, amour, famille, sommeil, loisirs. Pour être heureux, c’est selon moi une question d’équilibre. Sauf que parfois c’est difficile avec nos agendas surchargés. Et le FOMO, bin ça vient pas aider la cause.

Pourquoi?

Car tu veux tout faire. Tu veux participer à tout, ne rien manquer. Et parfois, ça peut nuire. Dans mon cas, je peux dire que ça ne m’a pas aider du tout. J’ai eu de la difficulté dans ma transition ado-adulte. Incapable de mettre mes priorité à la bonne place et surtout au bon moment.


Je crois que tout ça, vient de mon adolescence. J’ai eu une belle enfance et une adolescence heureuse, mais il manquait quelque chose. J’ai pas vraiment eu de crise d’identité ou de rébellion.

J’avais un petit nombre d’amis au cours du primaire et du secondaire. Pour moi, ma première brosse, mes premières drogues, ma première blonde, tout est apparu plus tard. J’ai vécu mes expériences en décalage. Ça explique pourquoi je ne voulais plus rien manquer.

En ayant peu vécu avant, je voulais tout faire maintenant. Cela a commencé au CEGEP, avec des absences répétées, manque de sérieux total.

Je sortais d’une école secondaire privée et encadrée. On m’a jeté aux lions.

Au CEGEP, on était libre pour la première fois. JE POUVAIS FAIRE CE QUE JE VEUX. Enfin, je pouvais porter un jeans. Fini l’uniforme et la chemise bleue pâle avec les spots de sueur. La liberté quoi. Par contre, j’ai peut-être abusé de cette liberté si rêvée. Hey l’ami, penses-tu vraiment que je vais aller à mon cours de philo à 8h si la veille je me suis couché à 3h…

Résultat de mon Diplôme d’Études Collégial en Sciences Humaines Profil Administration : Quelques échecs, reprises de cours, cote R assez ordinaire. Potentiel universitaire limité.

Parents déçus.

Malgré tout, j’ai été admis à l’UQAM, sur le cul. Et c’est là, que ma peur de manquer quelque chose est vraiment apparu. Au pire moment, évidemment.

Au début, discret, j’assistais à mes cours, sans trop d’interaction, puis à ma 2e année, j’ai eu l’idée de m’impliquer dans mon asso étudiante. Après avoir été élu VP aux Communications, ça a explosé.

Grâce aux assos étudiantes, j’avais le droit à du café gratis et du Redbull gratis, (donc pourquoi dormir?). En plus, j’avais accès à des partys gratuits ou à rabais. Pleins de nouveaux amis, pleins d’évènements, pleins de choses qu’il ne faut absolument pas manquer. À l’université, si tu le désir, il y a un évènement à chaque soir. Et c’est un peu ce que je désirais. Je travaillais, je jouais au hockey, j’allais à chaque party, je buvais tout le temps. Je me suis même fait une blonde. L’année suivante, j’ai été élu président. C’était encore plus intense. C’était trippant. Tout allait bien.

Sauf mes études.

Mes notes étaient poches. Mais je m’en foutais, ma priorité était de ne rien manquer. Je me disais que j’allais remonter mes notes la prochaine session. J’en ai eu du fun. Pas à peu près. Je voulais plaire à tout le monde. Et en faisant ça, j’ai fini par ne plus me plaire à moi-même. Peu de sommeil, alcool, malbouffe, prise de poids. Rien de siiii excessif, mais assez pour me déranger. Mais malgré tout, je continuais, car je me disais que j’allais me calmer après mon diplôme.

Pas vraiment. J’ai continué à participer à plusieurs events. Je me couchais tard, même si je travaillais le lendemain. Je me disais que la bière entre chums vallait plus la peine qu’être en forme pour performer à mon travail…

Crédits: Youtube de Jannic Nielssen

Et là, j’ai eu du temps pour réfléchir. J’ai eu 25 ans et honnêtement, je ne suis pas où je me voyais quand j’avais 18 ans. J’aurais cru qu’au quart de siècle, j’aurais fini mes études, j’aurais une job steady, dans un domaine qui me passionne où je peux me dépasser. Je pensais que j’aurais une copine. Bref, que j’aurais quelque chose de plus solide.

25 ans, ça m’a frappé fort. En pleine face. J’ai allumé. C’est bien beau d’avoir du fun à 22-23-24 ans…mais si à 30 ans, je suis à la même place qu’aujourd’hui, je vais être malheureux en calvaire.

Je crois que je suis un peu plus mature maintenant.  L’âge, les expériences. On apprend. Je n’ai plus peur de manquer quelque chose. Mon FOMO n’est pas totalement disparu, mais je dirais que je le contrôle maintenant.

Je retourne faire une maitrise dès l’automne. Je recherche une job dans mon domaine. Je sors beaucoup moins. Et l’ami, crois moi que cette fois, je vais mettre mes études au top de mes priorités.

Aujourd’hui, je n’ai plus aucun problème à rester chez moi, un vendredi soir, à rien crisser. Je n’ai plus de mal à dire à mes chums sur la conversation Facebook que ce soir je ne peux pas, car demain je travaille. Maintenant, je m’en caliss de ne pas plaire à tout le monde. Je ne me sens plus obligé de souhaiter  »bonne fête » à tous mes amis et amies Facebook. Tsé, tout le monde me choke tout le temps, mais moi je n’avais pas le droit. Hey asteur, watch me.

 

Je me suis rendu compte que ma réelle peur n’est pas de passer à côté d’un party légendaire ou d’une sortie inoubliable, mais plutôt d’un peu passer à côté de ma vie.

Trop c’est comme pas assez, car en voulant un peu tout faire tout le temps, on fini par ne jamais vraiment rien faire.

Salut là!

 

Crédits photo couverture: notable.ca/why-trading-fomo-for-jomo-will-change-your-life

0 Comments

Leave a comment

Your email address will not be published.