La fois où mon meilleur ami/coloc est déménagé à Toronto

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Je me rappelle, il y a quelques mois, la première fois qu’il en a parlé. Il avait dit à moi et quelques chums, que ses patrons lui avaient parlé d’une possibilité d’aller travailler à Toronto. Pas un contrat, un stage ou un échange là, un transfert, pour une période indéterminée.

Sur le coup, il en parlait d’une façon nonchalante, fidèle à son habitude. Affirmant être en amour avec la ville de Montréal, il disait ne pas vraiment y penser et donc nous disait de ne pas vraiment nous en faire.

Par contre, dans la vie, il faut saisir les opportunités quand elles se présentent, car il est rare que nous ayons droit à des 2e et 3e chances. Et pour lui, cette nouvelle aventure, il ne peut la laisser lui filer entre les doigts. Ce n’est pas une décision facile, mais c’est la bonne décision. Et si tout se passe bien, revenir ne semble pas dans ses plans.


Un gros choc, pour tout le monde, sauf moi. 

Lorsqu’il nous a confirmé qu’il quittait, tout le monde capotait. Fierté, bonheur, peine.

Gros choc, pour tout le monde.

Sauf moi.

Sur le coup, je n’ai comme pas vraiment eu d’émotions. J’étais comme un peu indifférent. Comme si je m’y attendais. En réalité, je m’y attendais un peu. Dès la première fois qu’il a glissé un mot à propos de Toronto, je savais qu’il partirait. Ce n’était qu’une question de temps.

Les 2 twits. Crédits: Gabriel Cyr

Ce gars-là, je le connais mieux que n’importe qui. On se connaît depuis près de 10 ans, et on habite ensemble depuis plus de 4 ans. On se parle tous les jours. On se dit à peu près tout. Une belle bromance. On est comme 2 frères.

Je savais donc qu’il allait partir. Pourquoi? Car j’ai toujours ressenti une certaine frustration à l’intérieur de lui. Pas qu’il était malheureux, non, il a une belle vie, pleins d’amis, bonne job, je crois qu’il est bien. Mais je sais qu’il lui manque un petit quelque chose. Il a besoin de se dépasser. De tester jusqu’où il est capable d’aller.

Honnêtement, je voulais qu’il parte. Non, pas que je ne voulais plus le voir, loin de là, mais je savais que partir ailleurs, démarrer à neuf et être déboussolé un peu, ça lui ferait beaucoup de bien. À sa place, je prendrais la même décision, si j’en avais l’opportunité.

 


Un peu de dénis…

Dans les dernières semaines, je faisais comme si de rien était. C’est un peu ma façon de vivre mes émotions. Je voyais mes amis lui dire des belles affaires. Lui dire à quel point il va leur manquer. Moi, pas grand-chose. Même quelques chicanes, car il n’a pas sorti les maudites poubelles, encore…

Même quelques minutes avant qu’il quitte prendre le train, j’étais neutre. On jasait un peu, on a pris un verre d’Hydromel, les deux, on en raffole. Un dernier verre avant le départ. Puis, tout à coup, sur le divan, après un chin chin, les yeux tout rouges, il se retourne et me dit que je vais lui manquer. Je le relance d’un moi aussi, les yeux tout aussi rougeâtres.

Puis, on s’est levé et on s’est serré dans nos bras. Ça valait plus que des mots. Le genre de hug qui résumait 10 ans d’amitié, mais qui voulait aussi dire qu’il en avait au moins 10 autres à venir.

Les 2 twits et Luigi. Crédits: Charles-David Hébert

Ensuite, je me suis assis sur mon sofa, seul, avec une bière, et c’est là que je me suis réellement rendu compte que mon Bro venait de partir, que mon quotidien allait vraiment changer.

Mais je suis content. Le changement arrive en même temps pour les deux et c’est bien. Lui avec son aventure à Toronto. Moi avec un nouvel appart et mes études à la maitrise. C’est à croire que les deux cabochons, qui écoutaient du My chemical Romance et du Birdman dans l’autobus au secondaire, sont maintenant des adultes et que nos chemins se tracent, tranquillement.

Aujourd’hui, je peux dire que je suis fier de toi. Fier de nous deux.

Tant que tu ne reviens pas avec un chandail des Maple Leafs, on va rester ami. En plus, ça l’air que les filles sont ben belles sur Tinder.

Bonne chance là-bas Bro. Tu vas me manquer.

Salut là!

Une ptite bascule pour la fête de monsieur. Crédits:Valérie Landry

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