Ménage à trois: Le threesome qui ne finit pas

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J’ai une manière peu orthodoxe de trouver des sujets d’articles. Un peu comme Olivander dans Harry Potter, c’est plutôt les sujets qui me choisissent et non l’inverse; une pratique qui me porte à publier de façon sporadique lorsque je suis confronté à une situation ou un sujet qui me fait penser.

En parcourant mon fil d’actualité feed Facebook je suis tombé sur un article relayé par une amie parlant de la montée en nombres des relations à plusieurs. La terminologie n’étant pas tout à fait établie, on entend parfois le terme ‘’trouple’’ pour les personnes formant une relation à trois. Que ce soit trois femmes; trois hommes; ou tout autre combinaison de genre sexuel, cette nouvelle tendance m’a tout de suite interpellé et m’a porté à me poser tout de sorte de question.

En premier lieu, j’aimerais établir que je n’entretiens absolument aucun préjugé envers les personnes qui s’adonnent à cette idée de poly amour; je me considère comme étant une personne aux idéologies libérales et si cette relation a été formée de façon volontaire par des personnes qui se respectent et qui y trouvent leur bonheur, je me verrais très mal de la critiquer, d’autant plus qu’elle n’atteint en rien ma liberté personnelle.

En fait, je la trouve rafraichissante et entrevois bien la réforme d’idéologie qu’une propagation de ce type de relation pourrait engendrer. Nous sommes, en tant que société, souvent très critiques de personnes choisissant le célibat; un exemple probant serait l’orientation bien souvent en duo des campagnes de marketing ou tout simplement ta tante qui te demande aussitôt que tu mets les pieds chez eux ‘’coudonc toujours pas de p’tite blonde !’’. Néanmoins, je sens une nouvelle attitude de vivre et laissez vivre alors que nous observons la complexité, par le passé non témoigné, de l’amour: hétérosexuel, homosexuel, transgenre, fluidité sexuelle… ces termes ont démontré à tous que la liberté sexuelle ne signifie pas nécessairement que nos choix (quand ils en sont) en termes de relation et d’expérimentation sont du domaine public.

 

Source: xrainringox (genderfluid.smackjeeves.com)

Cependant, l’idée de détruire la dernière notion sacrée liée à l’amour, soit l’idée du couple à deux a définitivement piqué ma curiosité. Il ne va pas sans dire qu’une multitude de questions se doivent d’être levées : ce trouple pourra-t-il fonder une famille s’il le désire ? Non pas au niveau de l’éducation qui pourra être faite en pratique par tous les membres de cette union, mais bien au niveau de la légalité. Est-ce que les trois personnes seront reconnues en tant que parents ? Je dis trois personnes, mais lorsque et si cette idée prend son envol et que les trouples trouvent éventuellement leur niche au sein du paysage moderne, il serait logique de penser que des unions à quatre pourraient voir le jour… et puis à cinq ? L’idée n’est soudainement plus si saugrenue.

C’est là que l’idée de fonder une famille, autrefois étroitement liée à la formation d’une relation, se détachera lentement; je ne doute pas de la légitimité d’un trouple de vouloir établir une cellule familiale, mais il faut prendre en compte les risques que cela pourrait engendrer. Alors qu’il est de plus en plus rare de voir des couples demeurer ensemble pour une durée comparable à ceux de nos ancêtres, la probabilité que ce soit le cas lorsqu’il y aura plus de deux personnes au sein de la relation, à mon sens, ne s’en verra que diminuée et un enfant nécessite définitivement de la stabilité, spécialement au niveau de l’unité parentale.

Parlant de naturelle d’ailleurs, je vois très bien comment le débat se dressera lorsque et si nous en arrivons à voir une montée en popularité de ce type de relation. Longtemps avant de voir deux singes se sodomiser les fervents opposants des relations homosexuelles se rangeaient derrière l’argument qu’une relation impliquant deux personnes du même sexe n’était pas naturelle et donc ne devait pas être acceptée. Naturellement, aucun d’entre eux ne soulève l’étrangeté autour d’un médium centralisé servant à acquérir d’autres biens que ceux que l’on produit à l’échelle domestique, mais j’imagine que c’est beaucoup plus facile d’être mal à l’aise devant une démonstration affectueuse chez deux personnes du même sexe que d’établir une rhétorique solide contre le système capitaliste. Looking at you Lenin.

Je dois vous avouer que tout ça m’a apporté bien plus de questionnements que de réponse, mais je trouve l’activité bien enrichissante. Alors que cette éventualité semble farfelue pour la majorité d’entre nous il faut garder en tête que les choses peuvent bouger très rapidement. Si je me base sur tout le temps qu’il a fallu pour que les couples homosexuels obtiennent des droits similaires au couple hétérosexuel versus le temps de réaction des gouvernements occidentaux (lire Canada et États-Unis) envers les nouvelles réalités auprès des transgenres (et il en reste énormément à accomplir), je me dois d’applaudir les rapides ajustements que nos gouvernements ont mis en place. Non seulement nous vivons dans une société très libérale de ce côté de l’océan, mais je ne peux m’empêcher de penser que nous voudrons être du bon côté de l’histoire cette fois-ci et les problèmes qui semblent être à des années-lumière sont souvent à un seul headline d’être adressée. Nous ne sommes peut-être qu’à quelques années que le terme threesome devienne beaucoup plus sérieux qu’il ne l’est présentement.

Ça vous dit quoi un ménage à trois ?

2 Comments

  1. Catherine says:

    Je te conseille la série « You, me and her », qui relate les (més)aventures d’un « trouple » (deux femmes, un homme). C’est un format court, de type comédie avec bien des stéréotypes, mais vers la fin de la saison 2 ils en arrivent aux questionnements coming out/famille/enfants/carrière, etc. C’est quand même intéressant, et une belle intro pour ceux que ça intrigue!

    1. Nicolas Roger says:

      Wow ! J’en avais jamais entendu parlé. Merci pour la recommandation, je vais définitivement check it out !

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