Mon corps de ferrer rocher.

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La st-valentin

J’avais mis ma robe de chez Ardène pis mon sourire de blonde qui est pas jalouse des waitress même si c’est pas vrai. Je me sentais comme dans un show de Nickelback.

J’savais pas si j’étais ben.

Je les regardais déposer les assiettes pis les pintes, pis chu sûr que ton pantalon y’était en fût, mais c’est correct, c’est chill, c’est leur job de faire bander les chums, les criss. Leur décolleté tombait su’à table dans mon rhum and coke presque, j’étais frue, j’étais pas ben je voulais mourir un peu jusqu’à demain. J’ai serré ta cuisse en même temps que mon cœur pis tu m’as chuchoté que j’étais belle.

J’aurais aimé ça que toutes les serveuses connes entendent mon coeur qui s’est déloussé un peu.

J’ai passé la soirée à espérer que leurs seins éclatent, mais c’est pas arrivé.

Y’avait juste ma poitrine à moi qui dégonflait comme une pipette de ketchup au Valentine.

Des fois j’ai peur que tu te rendes compte que j’suis pas tant nice que ça. J’ai peur que tu partes avec la fille qui a les cheveux noirs comme une toune de Black Sabbath pis que tu m’oublies.

J’te regarde parler à la barmaid avec mon coeur qui se twist comme un ficello. Ça me serre fort quand tes yeux tombent dans son col en V de chez Garage. Elle, je l’aime pas. Mais tu démêles tout le temps mon coeur en me disant que je suis belle comme une crème brûlée.

J’reste assise (pas-sur-toé-osti-j’vais-t’ettoufer) mais à côté, jamais bin loin.

J’ai peur qu’un jour, mes jokes te fassent pu tant rire.

Que mes omelettes soient pu tant bonnes.

Que mon parfum t’écoeure finalement.

J’ai peur que tu trouves que mes bobettes sont laites, parce que je les aies pas changées depuis le secondaire.

J’ai peur que tu te rendes compte que j’ai grossi.

Que j’ai un cheveu blanc.

Des orteils weirds pis des pieds trop grands.

J’ai peur que ma robe de chambre rose de chez Ardène te turn off.

Je la mets pareil pis tu me dis que je suis belle, mais je me regarde pis c’est pas vrai.

J’ai l’air d’une grosse guimauve din’ Lucky Charms.

T’es aussi réconfortant qu’un cordon de coton oité. Une feuille d’assouplisseur downy. Un verre de Nesquik aux fraises. Un pot de beurre de peanut. Un kraft dinner. Le dessus d’une crème brûlée. L’odeur du café. De la 200 pis du jus de raisin en fontaine.

T’es aussi réconfortant qu’une pinte de lait 2%

J’ai peur que tu partes fak je sers tout le temps ta main trop fort.

Mais ça te déranges pas.

Tu me sers contre toi pis j’en oublie presque le mal en pointillé le long de mon coeur.

 

crédit couverture: Cloé Beaugrand

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