Quand les commentaires sont aussi lourds que les poids

Posted on

Les amis, faut qu’on se parle…

Le 22 février, une série d’articles et de photos superbes est sortie dans La Presse, gracieuseté d’Ariane Lacoursière, une journaliste de talent comme on n’en voit pas tous les jours. À quelques jours du début des Opens 2017 (crossfit), elle soulevait le sujet parfois délicat des femmes musclées.

Oui, apparemment c’est encore un sujet délicat.

Crédit : Johany Jutras

Mis à part le fait que je sois sincèrement déçue qu’on doive encore défendre le droit de chaque femme au corps qu’elle veut, les articles mettent en lumière le parcours de CrossFitteuses québécoises en route vers la prestigieuse compétition, tout en dénonçant les commentaires déplacés que celles-ci reçoivent concernant leur musculature.

Quand t’es monsieur ou madame tout le monde, les noms qui s’y retrouvent ne sonnent pas une cloche, mais quand tu passes 8h par semaine au CrossFit, oui. Ces filles sont des vraies athlètes. Admirables, fortes, tenaces, des championnes.

Le 18 mars, ça va faire un an que je pratique le CrossFit. Je suis loin de me prétendre athlète, mais je les ai vus et entendus ces commentaires.

C’est quand j’ai lu ces mêmes propos sur la page Facebook de La Presse que la frustration m’est venue.

Parce qu’apparemment, même lorsque t’es athlète de niveau mondial, y’aura toujours un Ronald pour nous rappeler que des muscles, ça va pas sur une femme.

Y’a même des femmes pour être d’accord avec Ronald.

« C’est pas féminin »

Mais qui a décidé des critères exacts de la féminité au fait?

« Tout pour parler du crossfit hein »

J’te dirais que ça va plus loin que le CrossFit, des filles musclées y’en a dans tous les sports, et c’est pas plus acceptable de critiquer leur corps parce qu’elles font du patinage artistique ou de la pétanque.

« Article inutile »

Ben LIS-LE PAS!

Outre de montrer qu’on devrait vraiment apprendre à tourner nos doigts sept fois avant d’écrire des commentaires blessants et déplacés sur les réseaux sociaux, ça montre que pour certains l’apparence du corps parle encore plus fort que la performance. Pis c’est décevant.

J’osais espérer que lorsqu’on remportait les CrossFit Games, tel que la québécoise Camille Leblanc-Bazinet l’a fait en 2014, on commençait à obtenir le respect qui vient avec.

Qu’après ses six participations au CrossFit Games, Michèle Letendre aurait la reconnaissance qu’elle mérite.

Qu’Emily Abbott pourrait être tranquille sur TINDER sans qu’un dumbass sente le besoin de lui dire qu’il aime pas ses muscles (ça va loin là…)

Alors qu’on défend les femmes en surpoids du fat shaming dont elles sont victimes, et de plus en plus les filles minces qui sont victimes de shaming elles aussi (ironie, quand tu nous tiens), est-ce qu’on ne serait pas juste en train de changer de victimes?

En cette Journée Internationale des Femmes, ce serait bien de se rappeller, encore, que qu’on soit grosse, mince, musclée, tattouée de partout, naturelle et alouette, on est toutes différentes. Pis toutes belles.

Surtout, SURTOUT, qu’on mérite toutes que chaque personne qui nous regarde voit la personne derrière le corps. Incluant toutes nos qualités, nos défauts et ces petits charmes qui nous rendent nous. Parce qu’on est tellement plus que de la peau et des muscles.

Cela dit, Ronald, cet article est pour toi. Ce soir, je mettrai 5 livres de plus sur ma barre. T’essaieras le CrossFit un jour, c’est bon pour évacuer la frustration.

Pis ça met en shape.

 

Image de couverture : Joanny Beaudoin

0 Commentaires

Laisse un commentaire

Ton adresse courriel ne sera pas publiée.