Semaine nationale de prévention du suicide : ma petite histoire

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Crédit : maria.kubieniec

Du 29 janvier au 4 février 2017, c’est la 27e Semaine nationale de prévention du suicide au Québec sous le thème : Le suicide n’est pas une option. L’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) organise cet évènement annuellement afin de sensibiliser tous les acteurs de la société québécoise à la problématique du suicide et de faire prendre conscience à la population que chacun a un rôle à jouer dans l’enrayement de ce fléau.

Une semaine de sensibilisation, mais une problématique que l’on doit continuer d’aborder à l’année.

Le 25 janvier dernier, avec le fameux jour du Cause pour la cause organisé par Bell, j’ai vu défiler dans mon fil d’actualité Facebook un nombre impressionnant de témoignages. Des témoignages très courageux, des gens de mon entourage immédiat, d’anciens collègues ou de simples connaissances. Ces amis qui partageaient à cœur ouvert leurs histoires et je les ai trouvé toutes et tous très courageux.

Je les ai trouvé courageuses et courageux, car, de mon côté, j’ai toujours eu beaucoup de difficulté à me montrer sous un jour plus “vulnérable” : aucune difficulté à exprimer mon opinion sur un sujet, mais s’en est autre chose dans la catégorie des émotions. Comme si le fait de m’exposer ces sujets allait briser l’image de la fille forte que je tends à montrer chaque jour. Le 25 janvier dernier, je n’ai donc pas fait de coming-out sur les réseaux sociaux sur mon état de santé mentale de la dernière année. J’y ai par contre beaucoup pensé depuis.

J’y ai beaucoup pensé, car, il y a de cela un an, je me trouvais dans une passe très difficile. J’étais alors sans emploi et je faisais un retour aux études à temps partiel. La plupart de mes journées, je les passais au lit devant des épisodes de Grey’s anatomy (oui, je fais vraiment une fixation sur cette série). Ce doit être l’une des séries disponibles sur Netflix mettant en scène des situations dramatiques à souhait : je me retrouvais donc, un épisode sur deux, à pleurer comme une Madeleine sur le sort de Lizzie ou Meredith. Je pleurais et c’était à peu près le seul moment où je me donnais le droit de le faire. Je pleurais pour des personnages fictifs, mais je ne me donnais pas le droit de le faire pour moi.

Je vivais des moments très difficiles. J’avais poussé mon corps à bout dans les mois qui avaient précédé, j’avais travaillé des 7 jours sur 7 la plupart du temps, afin de geler les émotions douloureuses que je vivais : un de mes meilleurs amis venait de décéder, j’entretenais une relation toxique, j’étais fatiguée, exténuée.

Si je vous raconte tout ceci, c’est qu’à un certain moment, j’ai eu très peur. J’ai eu peur, parce que j’en étais venue à un point de trouver que le bonheur était en fait de la naïveté et que moi, qui avais toujours été le genre de fille avec 1001 projets, je ne trouvais plus rien qui m’allumait. À ce moment, ma vie était en quelque sorte sur pause.

J’ai eu très peur parce que je me voyais développer des idées noires. J’avais peur parce que je ne me sentais plus en contrôle de la situation. J’avais la chance d’être très bien entourée mais la peur me paralysait, je me sentais incapable d’en parler. Un jour, j’ai paniqué et j’ai fini par contacter l’AQPS. Une dame est demeurée au bout du combiné avec moi pendant plus d’une heure. Elle m’a écoutée. Ça n’a rien réglé, mais ça m’a aidé.

Ça m’a aidé à prendre la décision d’aller chercher de l’aide. Auprès de ma famille, de mes amis et auprès d’une psychologue. Le processus ne fut pas sans difficulté, ce ne fut pas magique, mais ça en valait la peine. Ça en valait la peine parce que plus les semaines passaient, plus je me retrouvais. Plus je me retrouvais, plus je retrouvais les choses qui m’animaient auparavant et, en plus, j’en découvrais de nouvelles. J’ai appris que je n’étais pas faible parce que je demandais de l’aide. Au contraire. Merci aux personnes qui ont été là pour moi, merci énormément.

C’est simplement ma petite histoire, je vous la raconte sans prétention et simplement pour dire que c’est possible de s’en sortir. Je suis bien consciente que chaque situation est différente et que je ne suis pas à l’abri de rien. Je réalise parfois que si je ne fais pas attention, en surchargeant mon horaire par exemple, je sens que je pourrais retomber dans tout cela. J’apprends à dire non, j’apprends à me choisir.

Les soins en santé mentale devraient être plus accessibles. Selon les statistiques, au Québec, en moyenne, trois personnes s’enlèvent la vie chaque jour. Il faut en parler, c’est extrêmement important. La prévention, c’est crucial.

Si vous (ou un de vos proches) avez besoin d’aide,

voici le numéro de l’AQPS :

1-866-277-3553 (1-866-APPELLE)

 

Crédit image à la Une : maria.kubieniec

 

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