Ma vie à peser 600 livres.

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Cet article a été écrit en 2015, deux ans plus tard je le sors des boules à mites pour finalement me décider à le publier. Si vous lisez jusqu’à la fin, sachez que j’ai réussi à perdre beaucoup de poids en deux ans.

Je pèse 600 livres. Tous les jours, je me réveille, puis me lève retenue par le poids qui m’encombre. Je cherche la tenue parfaite, qui me donnera confiance pour passer au travers de ma journée, mais j’y arrive rarement. Je déjeune, puis je commence à penser à ces 600 raisons de m’en faire. Tous les matins, en ouvrant mes yeux, je me rappelle que je pèse 600 livres de craintes et d’anxiété.

Loin de moi l’idée d’écrire un click bait, c’est tout simplement l’image la plus exacte qui me soit venue en tête lorsque j’ai voulu décrire comment je me sens. Vous savez l’émission My 600 pounds life à TLC, eh bien c’est comme ça que je me sens. Comme si tous les jours, je trainais 600 livres, et que je devais accomplir mes tâches quotidiennes d’étudiantes universitaires, de travailleuse à la pige, de rédactrice en chef, d’amie, de fille, de soeur, et de tout ce que j’aspire à mieux faire.

Ce que je porte c’est 600 livres de remises en question, de quête d’approbation des autres, et de moi-même. 600 livres d’incertitude, 600 livres de faux scénario dans ma tête, 600 livres de peut-être, 600 livres de panique. 600 livres c’est lourd à trainer, pis quand t’es complètement épuisée… tu vois plus clair et tu fais de mauvais choix.

Mes amies me demandent souvent si ça va ces temps-ci. Évidemment, ils voient bien que j’essaie d’avoir l’air normal, mais malgré tout l’effort que je mettais dans mes cours de théâtre au secondaire, ma face est pas capable de jouer la comédie quand mon corps fait déjà l’effort de supporter le poids de mon épuisement. J’essaie de les voir le plus souvent possibles mes amis, parce que je suis très sérieusement bien entouré, mais parfois ça fait que j’ai moins de temps pour autre chose.

Et là j’entre dans un cercle vicieux. Parce que si j’ai plus de temps avec mes amis, c’est la majorité du temps au détriment de quelques travaux scolaires. Ce qui en temps normal ne m’aurait pas fait paniqué outre mesure, mais là j’ai une lettre d’acceptation aux HEC au deuxième cycle qui me demande de conserver une quote adéquate, donc cette fois je ne peux me permettre de négliger les cours. En plus des tracas quotidiens que seule moi est capable de me créer, s’ajoute une gestion du temps questionnable. Mettons que de ce temps-ci, ça patine pas mal. Vous essayerez de patiner en pesant 600 livres, mettons que tout ce que j’espère c’est que la glace tienne le coup.

C’est fou les peurs qu’on peut se créer. À cause de mes 600 livres, j’assume de facto qu’une personne ne m’aime pas jusqu’à preuve du contraire. Cela a pour effet de donner l’impression que je déteste tout le monde. Ça m’arrête de parler à certaines personnes que j’aime beaucoup de peur que celle-ci ne partage pas l’envie de me parler. Pourquoi est-ce que cette personne voudrait passer du temps avec moi, me demandais-je du haut de mes 600 livres.

J’imagine que 600 livres d’anxiété ça se perd de la même manière que 600 livres de gras. Je me mettrai donc à l’entrainement. Et puis, je vous en redonnerai des nouvelles.

 

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1 Commentaires

  1. Catherine says:

    Voyons donc. Super pertinent comme sujet, super touchant et tout, mais venir comparer ça au poids… C’est vraiment ordinaire. Comparer la gestion du stress et des émotions à « perdre du gras ». Je sais même pas comment exprimer le facepalm et le roulement de yeux qui m’assaillent.

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