Vol au-dessus d’un nid de coucou au Théâtre du Rideau-Vert

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Quand j’ai écouté Vol au-dessus d’un nid de coucou, j’ai pleuré pendant 15 minutes à la fin du film. Pas des petites larmes cutes, non j’étais inconsolable. En gros sanglot. L’impuissance à laquelle fait face le personnage de Randle McMurphy, et l’injustice du système social de l’époque me faisaient couler de grosses larmes de rage. Dans ma vie, jamais je n’avais été happée aussi puissamment par un film.

Vous comprendrez alors que j’avais d’énormes attentes envers l’adaptation théâtrale de l’oeuvre. Je suis arrivée au Théâtre du Rideau Vert avec les attentes d’une enfant de 10 ans qui va à Walt Disney pour la première fois: colossales. Je n’ai pas été déçue, mais je n’ai pas été aussi touchée.

Pour ceux qui n’auraient aucune idée de quoi la trame narrative parle, voici un petit résumé:

Randle McMurphy se croit malin : il a réussi à convaincre la cour qu’il est fou et s’est fait envoyer à l’institut psychiatrique plutôt qu’aux travaux forcés.

« Quelle aubaine ! », pense-t-il. Mais il déchante lorsqu’il est confronté à la réalité de l’établissement, où la routine se répète inlassablement sous l’égide de l’intransigeante infirmière en chef Ratched. Mais McMurphy ne s’en laisse pas imposer, et un duel acharné entre les deux fortes têtes éclate. Grâce à sa jovialité naturelle, il gagne l’amitié de quelques patients et les entraîne dans sa lutte contre la tyrannie, semant la zizanie au sein du service.

Lorsque le rideau (vert) s’est levé, j’ai tout de suite été impressionnée par l’exactitude des décors. Un vieil hôpital psychiatrique pas trop accueillant…on se serait cru en plein dans le film. Puis, les personnages sont entrés un à un dans ce décor hollywoodien, et je me demandais presque si ce n’était pas la même distribution que le film. Les costumes étaient tellement convaincants que l’on retrouvait facilement les personnages auxquels on s’était attachés dans la version originale. C’était époustouflant.

Les dialogues étaient justes, le timing excellent, et le jeu magnifique pour la majorité des acteurs. J’ai personnellement eu un coup de cœur pour le personnage de Billy, le jeune anxieux amoureux qui nous faisait croire à ses angoisses et à ses tics.

En fait, toute la bande de poqués était assez convaincante. C’est l’infirmière Ratched jouée par Julie LeBreton qui m’a un peu déçue. Évidemment, on connait Julie LeBreton comme étant une grande actrice, ce qu’elle a été lors de cette performance. Par contre, le film présente une infirmière Ratched cruelle qui prend plaisir à faire souffrir Randle et la bande, alors que la pièce me présentait une infirmière ferme, désagréable certes, mais pas cruelle. Pour moi, c’était toute la différence entre un torrent de sanglot, et une joue sèche à la fin de la pièce. Dans cette interprétation, j’avais de la compassion pour tous les personnages, ce qui n’est pas le cas dans le film. Je crois que cela rend l’histoire moins déchirante, sans être moins vrai.

Je ne suis pas certaine que j’ai été convaincue par la prestation du Chef. Niveau corporel c’est sans contredit le match parfait, mais l’interprétation n’était pas tout à fait au point.

Vous trouverez peut-être que cette critique semble négative, mais pour moi, elle ne l’est pas. Je crois que la pièce souffre de la comparaison avec le film qui est selon moi un chef d’oeuvre. Malgré cela, c’est une des meilleures pièces que j’ai eu la chance de voir récemment, et je la recommanderais à n’importe quel amateur de Vol au-dessus d’un nid de coucou.

 

Pour plus d’informations ou pour acheter des billets, rendez-vous sur le site web du Théâtre du Rideau Vert.

 

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