Whitewashing Hollywood et maladresse

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Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un sujet qui prends de plus en plus de place au sein de l’actualité quotidienne, soit celui du « whitewashing ». À défaut d’avoir un terme francophone avec une connotation aussi significative, le « whitewashing » est définit comme étant la pratique d’employer des acteurs de races blanches, pour jouer le rôle de personnages d’origine autre que caucasienne. Les plus récents exemples étant ceux de la distribution du film Ghost in the Shell, où le personnage principal est incarné par nulle autre que la saveur populaire d’Hollywood, Mme. Scarlett Johansson et de la plus récente adaptation télévisuelle de Marvel, Iron Fist où le rôle principal est assumé par Sir Loras Tyrell Finn Jones.

D’emblée je me dois de vous avouer que je suis totalement bafoué par la controverse qu’engendre la distribution de ces deux rôles biens précis; il reste tout de même que le choix de ScarJo se discute beaucoup plus que celui de M. Jones. En effet, l’adaptation de Ghost in the Shell tire son originalité d’une œuvre de M. Masamune Shirow qui prends place dans un futur rapproché à Tokyo. Il est vrai que le personnage principal tire son héritage du peuple japonais, mais de crier bien fort au racisme est au mieux, mal intentionné. Nonobstant la nature du personnage qui demeure une entité artificielle (un cyborg) – conférant ainsi une liberté artistique plus accru au réalisateur – la controverse ne se fit guère attendre. Il n’en demeure pas moins que je crois que cette indignation cache un problème sociétal beaucoup plus important, voire même symptomatique de la culture moderne.

En parcourant les différentes réactions sur Internet, je suis tombé sur une vidéo des plus intéressant où un journaliste errait dans les rues de Tokyo à la recherche de réactions du peuple japonais. Quelle fût ma stupéfaction lorsque je me suis aperçu que le sentiment global en était un positif. La majorité, pour ne pas dire la totalité, était favorable au choix de Scarlett Johansson comme actrice principale; certains argumentait sur son jeu normalement apprécié, d’autre abordait le manque de « superstar » d’origine asiatique depuis Lucy Liu, mais personne d’aussi indigné qu’en Amérique. Je me suis alors tourné vers la culture « geek » qui est très rapide à parler haut et fort lorsque le matériel original n’est pas respecté, mais encore une absence de controverse. En effet, les amoureux de la série de Shirow-san rappelait que deux adaptations avaient déjà été faites au début des années 2000 contenant une distribution exclusivement en provenance d’Asie. Cette adaptation suivait étroitement le matériel original, si c’est l’effet que l’auditoire recherche, pourquoi ne pas regarder cette version, ou mieux, les deux et établir un comparatif scandaient-ils.

 

Crédit: YouTube/That Japanese Man Yuta

C’est ce à quoi je faisais référence lorsque j’admets que nous avons un problème sociétal sur les bras, nous nous glissons peu à peu vers une culture où dénoncer est plus important que discuter; où faire une vague en 140 caractère est plus probant qu’une conversation impliquant des sujets délicats. Le problème, c’est qu’en dénonçant, souvent on peut créer une tempête dans un verre d’eau, comme dirait ma grand-mère. Lorsque la tempête se calme, on se tourne vers une prochaine victime, puis une autre… sans jamais se retourner pour voir le sentier pavé de carrières ruinées que nous avons emprunté. Ces personnes que nous avons punis par la honte; étaient-elles toutes des racistes, des sexistes, ou des xénophobes ? Ou est-ce possible qu’elles étaient tout simplement maladroites dans une ère où « toutes paroles seront retenues contre vous »?

Cela ne va pas sans dire que nous devrions nous insurger lorsque nous apercevons quelque chose qui va à l’encontre de nos valeurs. Une personnalité que j’apprécie beaucoup dit souvent « parlez avec votre portefeuille !» et j’y adhère plus souvent qu’autrement. Vous n’êtes pas d’accord avec le produit mis en place ? N’allez pas le voir, ne leur donner pas un sou; si la problématique touche beaucoup de gens, les instigateurs de ces produits en ressentiront les effets.

Ah oui ! Pour ce qui est du nouveau venu de Netflix, Marvel’s Iron Fist, le personnage principal est effectivement un expert des arts martiaux, et la controverse fut levé que la distribution aurait peut-être dû suivre le matériel original. Une vérification rapide aurait permis à toutes ces personnes en rognes de voir que le personnage original est en fait, caucasien. Est-ce du racisme que toutes ces personnes assumaient qu’il se devait d’être originalement asiatique ? Ou est-ce seulement de la maladresse ? Difficile à dire ces derniers temps alors que la ligne séparant les deux se brouille sans relâche.

On s’en reparle.

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